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sagesse

 

13 juin 2009

Un déménagement, c'est du pipi de chat !

Lorsque tu as des amis, et plein de neveux costauds, un déménagement, pas de souci !!

reste l'emménagement... et son cortège de démarches administratives sinon contraignantes du moins cons et très nientes (non, ce n'est pas un néologisme, c'est un vocable cauchois typique parfaitement adapté à la situation)

France telecom et Orange ? Pas de souci, m'sieur-dame, nous nous engageons sur un délai de 2 jours à 2 semaines pour la ligne de téléphone fixe, et de  3 jours à 3 semaines pour internet... sic. Dans un pays soi-disant moderne, comment comprendre qu'il faille deux semaines pour relier une ligne de fixe existante, pour un compte client existant, à un central lui-même existant depuis des lustres ?

Hélas au bout de 3 semaines... ni fixe, ni internet... TC se déplace en personne à la "boutique", appelons-là par son usage réel et non par le nom donné par l'entreprise, un nom avec "service" dedans je crois ;-)... pas de problème, monsieur, ce sera fait dans deux jours, nous sommes désolés du retard. Au bout d'une semaine, le voilà reparti voir la même personne : ah oui ? Toujours pas ? Désolé, ce sera fait sous deux jours... au bout de deux jours, vous l'aurez compris... il y retourne (chaque aller-retour vaut quand même 50 bornes) : ah vraiment ? Euh...

"Euh...".

Ajoutons que nous avons aussi appelé le numéro cirque à distance, clowneries téléphonesques (pardon, le service client par téléphone), où Martin Dupond et Jean Durand (à l'occasion Martine Lefèvre ou Marie Dupuis) vous répondent et vous proposent gentiment de vérifier que la fiche du téléphone est bien branchée dans la prise... t'en ficherais moi ! Le tout lorsqu'on a bien compris ce qu'ils nous lisent sur leurs écrans de télé-opérateurs au kilomètre installés à des kilomètres quelque part entre Kabylie et Maroc. Suis ravis qu'ils aient du travail, mais que l'entreprise ne fasse alors pas l'hypocrite en leur donnant des noms aussi stupides. Bref.

Le téléphone ? Nous finissons par l'avoir , et même internet en même temps ! Après 5 semaines de galère.

Deux jours plus tard, plus d'internet. Nous vérifions tout, à force, nous devenons spécialistes... mais rien. Appel à notre ami Jean-Jacques-Pierre-Paul  Deschamps-Desjardins-Desbois, dans les Aurès ou le Hoggar, qui sait ? "Vous avez bien vérifié que votre Livebox est branchée dans la prise ?" argh.

Après encore deux aller retour à la boutique, voyons voir... un technicien appelle le samedi midi du week-end de Pentecôte : "ben euh, on a dû vous donnez par erreur la ligne internet de quelqu'un d'autre, et la reprendre ensuite, en oubliant de raccorder la vôtre. Je peux vous le faire vite, mais bon, me faut un code, et y'a personne pour me le donner, alors euh... mardi ?"

Et le mardi rien.

Ni le mercredi et les jours suivants.

Retour à la case boutique. Ah bon ? Ah bon, mais euh.

Euh, oui. "On vous fera un prix sur l'abonnnement puisque vous n'aviez pas de téléphone", c'est cela oui.

Mmmm, au Journal Officiel du 20 mars 2009, des clauses sont PARUES, désormais considérées par la loi comme abusives, notamment celle interdisant à un fournisseur d'accès à Internet de facturer les périodes où le service n'a pas été rendu ! Un cadeau, hein ? Le strict respect de la loi oui... et elle le sait bien, dans sa boutique... qu'elle peut se permettre de nous faire ce cadeau, puisqu'elle nous le doit, ahem...

M'enfin, on finit par avoir internet en plus du téléphone. Au bout de 7 semaines... et quelques jours.

Ouf

ou pas. Parce qu'il y a le gaz aussi. Mais si, aussi !!!

Oh, bien sûr, dès la première visite à leur "boutique", il y a deux mois, hop-là un beau contrat, hop-là, un beau numéro de client tout neuf, et oui monsieur, pas de souci, vous prenez le relais des précédents proprios...

Ouais. Mais.

Mais dès qu'on rappelle pour un tarif spécifique, la madame-du-service-du-gaz-au-téléphone nous dit que non, nous n'existons pas. Elle n'a pas ce numéro de contrat là. Mais puisqu'on vous dit qu'on a eu ce numéro de client le tant, le mois dernier. Ah ben peut-être, mais pour moi vous n'existez pas. Alors elle nous "crée" (pfff). Et voilà, vous existez.

Ah ben non. Parce qu'hier débarque un technicien de l'entreprise du gaz qui passait par là. Qui passait par là pour couper le gaz, puisque le propriétaire ne vit plus là!!!

Nous avons beau jeu de lui expliquer les dédales administratifs des services commerciaux, lui, il est technicien, et sur le terrain. Attention hein, technicien de la coupe de gaz. Parce que pour le récupérer, c'est pas lui, c'est un autre. Alors euh, il coupe pas, hein. Mais il va vérifier. Non mais.

Et puis y'a la boîte de TC aussi, qui produit l'électricité, et la fournit, de façon historique. (Z'avez vu, je ne les ai pas cités, hihi). Et qui nous a envoyé 5 factures pour notre précédente maison louée... trois pour qu'on paye, deux pour nous en rendre... à chaque fois pour des sommes ne dépassant pas 10 euros. Autant dire que la moitié est déjà partie dans les timbres...

Ah oui, et le dernier loyer de la maison... sympa aussi la boîte de gérance... Ok pour que notre préavis donne un départ au 30 avril. Mais bon, on ne pourra faire l'état des lieux que le 6 mai, nous sommes en vacances, disent-ils, cela ne vous dérange pas ? Ben non, dit-on, nous serons occupés à emménager donc pas grave, on reviendra plus tard, si ça peut vous arranger.

Alors plus tard, bien plus tard. Arrive le dernier avis de loyer à payer. Pour le mois de mai  !

A part ça, pour l'instant, la Poste ne nous embête pas trop. Croisons les doigts !

 

 

P.S. : la privatisation ne devait pas arranger tout ça ? Non ? On m'aurait menti ??

 

 

 

 

 

 

 

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19 avril 2009

Masculiniste

Je suis féministe, du moins dans son acceptation la plus large, celle où il s'agit bien d'obtenir des droits que de fait les femmes n'ont pas, ou d'accéder à des statuts et fonctions qui leur sont encore sinon interdits du moins largement limités par plafonds de verre et consorts.

Pourtant une affaire comme celle d'OrelSan* n'arrive justement pas à me choquer de ce point de vue précis.
Je trouve plutôt déplaisant qu’on censure, quel que soit le texte ou le propos tenu. Il me semble d’une part très gênant de juger quelqu’un sur une partie de son œuvre et non sur l’ensemble, et d’autre part assez malvenu de s’en prendre à un rappeur, quand on n’est pas capable de s’attaquer au plus profond du malaise : si nos dirigeants n’étaient pas si machos au départ, prêts à n’importe quel bon mot et sans effort pour améliorer la situation, la « France profonde » ne serait pas dans cet état d’esprit.
Un peu facile de dire que tout est « de la faute de » ? Sans doute, aussi n’est-ce pas exactement ce que je soutiens, mais plutôt que le problème d’éducation et de culture qui induit ces comportements sans même y penser risque de toujours générer ce même type de résultat.

Petit exemple d’un de mes fameux « ti neleves » de SEGPA. Il me parle en riant d’un copain qui avait volé je-ne-sais-plus-quoi, et avait laissé sur le carreau son complice attrapé par la BAC, « il s’est enfui en feuj ! » me dit-il…
Sursaut de ma part, puis reprise de l’élève : « tu comprends ce que tu dis ?
- ben oui quoi, il est parti, il a couru, il s’est enfui en feuj, c’est comme ça qu’on dit nous ». Le « c’est comme ça qu’on dit nous » étant leur explication habituelle mais pas une excuse, nouvelle reprise de vocabulaire : « sais-tu ce qu’est un « feuj » ? ». Haussement d’épaule agacé « ben oui, c’est quand on part en courant quoi ». Explication de texte, retournement du verlan, feuj, juif, et l’élève me regarde pas plus étonné que ça « ben on part quand même en courant, hein ». Il n’avait aucune idée de la signification du mot « juif », ni même de ce « feuj » utilisé à toutes les sauces, sinon qu’il s’agissait d’une expression pour le moins péjorative. Et ce n’est pas mon intervention qui risquait de changer quoi que ce soit à l’utilisation de cette expression dans son quotidien.
L’utilisation de périphrases et autres expressions à base de « meufs » et « salopes » était elle aussi d’un usage tout à fait courant, sans que cela ne choque aucun des intéressés, ni les garçons ni les filles…
Au final, les seuls gênés étaient ceux qui y mettaient du sens autre que celui convenu dans leurs rapports ; profs, parents d’élèves d’autres quartiers, et éducateurs. Cela ne justifie en rien l’emploi de tels mots, cela indique seulement le degré de « choquitude » à gérer.

Revenons à OrelSan et la houle frappante qui s’acharne sur son texte. Est-il abominable (le texte) ? Oui sans doute, mais.

Mais depuis quand prend-on la création comme vérité ? Sans entrer dans un sujet de philo du bac, croit-on mot pour mot toute œuvre littéraire ? Et si certains argumentent qu’il ne s’agit ni de littérature, ni d’art, soit, cela reste une création…
Mais pas plus que plein d’autres textes ou films sur lesquels la polémique ne s’est pas portée.
Mais pas plus que ce qu’on peut dire dans des moments de douleur et de colère folle. Ils sont rares ceux qui savent gérer la souffrance sans effusion. On pleure ou on crie, on bouscule ou on déprime. C’est bien plus inquiétant lorsque rien ne s’exprime !
Mais pas plus que les paroles d’une femme aigrie par le départ de celui qu’elle aime… combien en ai-je entendu vouer leur ex-mâle à une mort violente ? Combien en sont arrivé à exprimer des fausses vérités à la couleur bien plus violente sinon les mots ? J’ai en tête une femme ayant accusé son conjoint d’inceste, une autre ayant créé une page facebook au nom de l’ex pour le présenter sous un jour vulgaire et pathétique, et puis moi aussi, qui ait été capable de dire au téléphone à l’ex-mari qu’il pouvait avoir un accident, ça m’arrangerait… et à vrai dire s’il avait pu beaucoup souffrir en même temps, j’en aurais été soulagée…
Et cette femme aussi, qui sous le coup de la colère, déchire la joue de son époux avec les bris de la vaisselle cassée pendant la dispute ? Et cette autre, qui macule sa voiture d’insultes contre les hommes…

Il reste, c’est vrai, une chanson aux termes assez clairs quant à la violence envisagée… par un homme qui, dans cette histoire, vient de se faire « larguer », et non par le chanteur, qui lui, raconte l’histoire.
Voilà, je tente de commencer la lecture des « Bienveillantes », sans penser que l’auteur puisse être nazi lui-même.
… et je me souviens des chansons des Elmer Food Beat comme « Daniela ». Je le chantais à tue-tête, adolescente, j’avais pourtant déjà pleinement conscience de ce que cela laissait entendre de certaines femmes. N’empêche.

N’empêche, il manque parfois des masculinistes, pour nous rappeler où est la limite. Et elle n’est pas forcément là où je l’aurais d’ordinaire située.
Il faut laisser dire… ne serait-ce que pour contredire. Ne serait-ce que parce qu’on est encore libre de dire. Ou à peu près.


* rappeur ayant décrit dans un de ses textes toutes les violences et tous les sévices dont un jeune homme fraîchement quitté menace son ex

22:24 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note

01 avril 2009

Mon boulot est-il un métier ?

Qui ignore encore ici que je suis enseignante ? Et spécialisée. Résumons rapidement, spécialisée ne signifie pas spécialiste, simplement que ma part du boulot d'enseignante est d'apporter des aides qui, elles, sont spécialisées (selon les besoins, selon les élèves).

Mon poste actuel m'amène régulièrement dans une dizaine d'écoles toutes les semaines, ainsi qu'une dizaine d'autres de façon plus ponctuelle, auprès d'une cinquantaine de collègues.
Côté pratiques professionnelles, je vois de tout, mais ce que j'en pense relève du jugement purement perso et n'entre pas en ligne de compte. Je ne suis pas à leur place, dans les classes, avec leurs élèves. Et j'oserais me permettre de dire que tout est bon, pourvu que cela profite à l'élève!
Côté prise en charge de la difficulté avérée des élèves qu'on me demande d'aider, je vois aussi un peu de tout... mais surtout un travail de fond des collègues, et de nombreuses tentatives pour y remédier.

Alors, puisque je suis aussi à l'entrée et à la sortie de l'école en même temps que les parents, je sursaute fréquemment, et plus de surprise et de colère, que de joie dissimulée ou non.

Tous les parents, qu'ils soient contents ou non des enseignants, feraient mieux, bien mieux, à la place de...
Tous les parents, quel que soit leur âge, leur milieu et leur sexe, trouvent toujours que l'enseignant n'a pas le bon âge, la bonne culture, le bon sexe...
Tous les parents, quel que soit leur métier, l'expérience, les pratiques et la connaissance qui l'accompagnent, sont persuadés qu'ils savent être enseignants.

Je crois que je fais le seul boulot où tout le monde est persuadé d'être meilleur que moi, et plus apte à le faire à ma place !

Petites questions qui me viennent donc :
- pourquoi tout ce monde ne le fait-il pas à ma place, ce boulot ?
- est-ce que je me mets à leur place pour faire le leur, moi ?
- en quoi mon boulot pourrait-il se targuer d'être encore un métier, s'il n'est qu'un job que tout le monde peut pratiquer ?
- pourquoi je devrais m'en faire, m'inquiéter, passer soirées et week-end à plancher sur mon matériel à adapter, à penser mes séances à préparer, à réfléchir à ma pratique en termes psycho-philo-pédago-et tous les "o" qui font qu'à la fin je ne sais même plus la question que je me posais, si, de toutes façons, ce qu'il en résulte se résume (pour au choix : le ministre, les parents, tous les autres adultes de la société) à garder des mômes pour que les autres fassent un vrai métier pendant ce temps-là ?

14:21 Publié dans Livre de sagesse | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : éducation, enseignant, métier, professeur, parents